Conférence à Brive

Réparer l’irréparable, Le viol à la fin du Moyen Âge, entre répression, transaction financière et mariage. Conférence par Jacqueline Hoareau-Dodineau, Professeur d’histoire du droit et Directrice des PULIM. Mardi 11 février à 18h30, amphi du Campus de Brive. Entrée libre.Au Moyen Âge, comme aujourd’hui, le viol est un crime qui fait l’objet d’une répression sévère. Sous les réserves de fréquentes non dénonciations du crime et d’un certain laxisme d’une justice tenue par les hommes, le violeur se voit souvent infliger des peines rigoureuses dont les sources judiciaires se font l’écho.Mais pour la victime, plus encore que le châtiment vindicatoire, c’est la réparation qui importe. Mais comment réparer l’irréparable ? Comment faire passer la justice sans ternir un peu plus sa réputation, surtout s’il s’agit d’une jeune fille ?

La victime de viol se trouve devant un dilemme, trois possibilités s’offrent à elle : Taire le crime mais avec le risque que l’agresseur n’en assure lui-même la publicité en discréditant la victime. Se pourvoir devant la justice avec le même risque de voir sa réputation pour le moins altérée par une procédure qui, même inquisitoire et donc secrète, a tout de même un certain retentissement. Obtenir une réparation dans le cadre une procédure transactionnelle qui permet de garantir une certaine discrétion et de sauvegarder son honneur en renonçant à la vengeance.

Les affaires de viol et leur répression au Moyen Âge conduisent à s’interroger, plus largement, sur le rôle de la justice, sur la place de la femme dans la société médiévale, sur la finalité de l’institution du mariage.

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