Edem Comelan : justice transitionnelle et ONG

Intervention au Colloque sur la justice transitionnelle organisé par RCN, avril 2012 cp

Colloque sur la justice transitionnelle organisé par RCN, avril 2012

Alors que les études d’histoire du Droit peuvent paraître rébarbatives et anachroniques pour les positivistes les plus conservateurs, mon expérience et sans doute celle de plusieurs autres, montre qu’il n’en n’est rien. En effet, à condition d’en décrypter et comprendre les ressorts, cette discipline innerve et donne un éclairage fécond et indispensable sur les institutions, mécanismes et process d’aujourd’hui.

Après M2 d’histoire du droit obtenu à Limoges en 2004, je me suis engagé dans une thèse de doctorat consacrée à la justice transitionnelle en contexte coutumier africain. Cette recherche a pour but d’éclairer les processus post-conflits, à la lumière de l’anthropologie historique du Droit.

L’anthropologie, science située au triple niveau des normes instituées, des pratiques et des représentations des acteurs entend par ce biais, définir les mécanismes généraux de fonctionnement des systèmes juridiques en s’appuyant sur les expériences des sociétés occidentales et non occidentales. Elle permet ainsi de révéler les écarts qui peuvent exister entre la norme juridique et les comportements des individus et des groupes.

Pour s’en rendre compte, quoi de plus normal que des enquêtes de terrain? Ainsi, soucieux de mettre des visages et des réalités sur mes connaissances théoriques, je me suis confronté, dès 2006, au terrain rwandais -l’un des cas d’étude de ma thèse- en qualité d’Assistant recherche sur un programme de monitoring et de recherche mené par Penal Reform International (PRI), une ONG hollandaise.

De retour en France, j’exerce pendant deux ans comme ATER en histoire du Droit, avant de retourner en 2009 au Rwanda pour, cette fois, coordonner jusqu’à fin 2010, le programme de recherche de PRI.

Atelier de sensibilisation sur l'albinisme. Bujumbura, Burundi, Novembre 2011

Atelier de sensibilisation sur l’albinisme.
Bujumbura, Burundi, Novembre 2011

Toujours dans le but de renforcer mon expertise de la région des Grands lacs et de compléter le champ de mes recherches, j’ai poursuivi en 2010 et 2011, mon expérience au Burundi voisin, en tant que coordonnateur des programmes (chef de mission) de RCN Justice & Démocratie, une ONG belge spécialisée dans l’appui à la reconstruction du système judiciaire et d’accompagnement du processus de justice transitionnelle dans les pays post-conflit.

Poursuivant aujourd’hui la finalisation de ma thèse, je mets mon expertise des questions post-conflit au service des acteurs institutionnels et de la société civile.

Au final, mon expérience au contact des acteurs, des mécanismes, institutions et de leur fonctionnement m’a définitivement conforté dans l’idée qu’il est stérile de s’enfermer dans une approche positiviste, par trop réductrice.