Guillaume Delpiroux : journaliste, commissaire de la Foire du livre de Brive

Guillaume Delpiroux commissaire FLAu terme d’un cursus de deuxième cycle de droit public (licence, maîtrise), j’ai souhaité, en troisième cycle, approfondir une matière qui m’avait séduit dès ma première année de droit: l’histoire des institutions. J’ai donc effectué successivement un DEA d’histoire du droit (mondes anciens) puis un DEA de droit public avec un mémoire en histoire des idées politiques. J’hésitais alors entre une carrière de chercheur et de journaliste. Au final, je suis tourné vers la profession de journaliste (pendant huit ans), sans jamais abandonner jusqu’à ce jour les séances d’enseignement en faculté. Aujourd’hui, après avoir rejoint la fonction publique territoriale par le biais du concours d’attaché, j’ai dirigé successivement le cabinet du maire de Brive (50 000 habitants), les services de la communication puis de la culture de la ville, pour enfin, depuis 2009 assurer les fonctions de commissaire général de la foire du livre de Brive, l’un des principaux salons littéraires français (plus de 80 000 visiteurs et 400 auteurs programmés). Je siège depuis cette année 2013 au sein de la commission de la vie littéraire du Centre National du Livre. Au fil de mes différentes fonctions, il m’ait souvent arrivé de puiser dans mes connaissances générales de juriste, issues de ma formation initiale. Globalement, il faut considérer que la formation juridique universitaire classique a la vertu de conférer à l’étudiant une très solide base de culture générale. En outre, chaque fois qu’il s’est agi d’aller plus loin, plus au fond des choses, sur bien des sujets, c’est bien ma formation d’historien du droit qui, en l’espèce, m’a été d’une utilité plus claire et plus profonde. Ainsi, dans ma profession de journaliste, comme de fonctionnaire territorial (dans mes différentes attributions), la connaissance des grands principes qui ont structuré la pensée juridique, la connaissance intrinsèque de la source de nos institutions, la fréquentation nécessaire d’auteurs anciens, classiques parfois et d’analystes des idées m’ont conféré un bagage dont on ne peut soupçonner l’utilité presque quotidienne. Dans de très nombreux cadres de natures différentes, cette formation qui enrichi la culture générale, attise la saine curiosité et forme à l’analyse des systèmes, se révèle essentielle: qu’il s’agisse de rédiger un article sur un sujet un peu profond, un discours d’élu, nourrir une note destinée à contribuer à une prise de décision, participer à l’élaboration d’une programmation culturelle, envisager une création de service administratif, conduire un changement organisationnel, dialoguer avec des représentants institutionnels (en connaissant leur fonctionnement mais aussi de quel type d’histoire et d’organisation ils procèdent et sont issus) sont autant de domaines dans lesquels les personnes formées à, et par, l’histoire du droit, bénéficient d’un outil supplémentaire, particulièrement inappréciable.

La faculté de droit de l’université Kapodistria d’Athènes rend hommage à Jacques Phytilis

Jacques Phytilis à Brauron

Jacques Phytilis à Brauron

Jacques Phytilis, ancien doyen de Paris X — Nanterre décédé en 2008, a commencé et terminé sa carrière à la faculté de droit et des sciences économiques de Limoges. Membre de l’OMIJ – IAJ, il y a contribué à développer la recherche en iconologie juridique, abordant des thématiques originales et développant une méthode largement appuyée sur l’anthropologie historique du droit. Historiens du droit, mais aussi poète, esprit curieux de toutes choses et, peut-être par-dessus tout, enseignant singulier. Par sa personnalité hors-norme, il suscita, tant en France qu’en Grèce, de nombreuses vocations d’historiens du droit qui, grâce à lui, ont pu découvrir la dimension anthropologique et poétique du droit.

Andreas Helmis, enseignant associé à l’OMIJ-IAJ, organise dans le cadre historique de l’ancienne université d’Athènes, une journée d’étude sur « amitié et droits », un thème qui aurait, sans aucun doute excité la verve et l’imagination de Jacques Phytilis.

 


 

Amitié et droit.

Journée d’études franco-hellénique, dédiée à la mémoire du professeur Jacques Phytilis

Athènes, 3 juin 2013

Musée d’Histoire de l’Université d’Athènes (Παλαιό Πανεπιστήμιο)

5, rue Tholou – Plaka

Programme

Matinée

11:00 Ouverture

11:15 M. Alhau (poète), Une poésie nécessaire à notre temps ou Jacques Phytilis poète

11:45 X. Perrot (Université de Limoges), Jacques Phytilis ou un art de l’enseignement

12:15 O. de Frouville (Université Paris II), Le sentiment cosmopolitique

12:45 G. Courtois (Université de l’Artois), L’amitié et la dialectique de l’humanisme, libre parcours avec Peter Sloterdijk

13:30 Déjeuner

Après-midi

18:00 P. Texier (Université de Limoges), Que sont mes amis devenus? Amis et amis charnels dans la France médiévale

18:30 A. C. Papachristos (Université d’Athènes), Amitié versus parenté

19:00 C. Papageorgiou (Université d’Athènes), Aristotelian friendship and contemporary politics

19:30 H. Labrusse (poète), Dans l’écart de la proximité, les paradoxes de Jacques Phytilis

20:15 Discussion

Soirée

20:30 A. Helmis (Université d’Athènes), Présentation et remise à la famille Phytilis du volume des Mélanges: Vertiges du droit. Mélanges franco-helléniques à la mémoire de Jacques Phytilis (L’Harmattan, Paris 2011)

21:00 Spectacle sur des textes de Jacques Phytilis, présenté par l’atelier de pratique du «Panta Théâtre» de Caen, dans le cadre de l’association «La Male Herbe»

22:15 Réception

Débouchés du M2 : Le témoignage d’Edem Comlan

Quels peuvent être les débouchés d’une formation en Histoire du droit ? D’anciens étudiants témoignent de leur formation et de ce qu’elle leur a apporté en termes d’insertion professionnelle.

Edem Comelan : justice transitionnelle et ONG

Intervention au Colloque sur la justice transitionnelle organisé par RCN, avril 2012 cp

Alors que les études d’histoire du Droit peuvent paraître rébarbatives et anachroniques pour les positivistes les plus conservateurs, mon expérience et sans doute celle de plusieurs autres, montre qu’il n’en n’est rien. En effet, à condition d’en décrypter et comprendre les ressorts, cette discipline innerve et donne un éclairage fécond et indispensable sur les institutions, mécanismes et process d’aujourd’hui.

Après M2 d’histoire du droit obtenu à Limoges en 2004, je me suis engagé dans une thèse de doctorat consacrée à la justice transitionnelle en contexte coutumier africain. Cette recherche a pour but d’éclairer les processus post-conflits, à la lumière de l’anthropologie historique du Droit.

L’anthropologie, science située au triple niveau des normes instituées, des pratiques et des représentations des acteurs entend par ce biais, définir les mécanismes généraux de fonctionnement des systèmes juridiques en s’appuyant sur les expériences des sociétés occidentales et non occidentales. Elle permet ainsi de révéler les écarts qui peuvent exister entre la norme juridique et les comportements des individus et des groupes.

Pour s’en rendre compte, quoi de plus normal que des enquêtes de terrain? Ainsi, soucieux de mettre des visages et des réalités sur mes connaissances théoriques, je me suis confronté, dès 2006, au terrain rwandais -l’un des cas d’étude de ma thèse- en qualité d’Assistant recherche sur un programme de monitoring et de recherche mené par Penal Reform International (PRI), une ONG hollandaise.

De retour en France, j’exerce pendant deux ans comme ATER en histoire du Droit, avant de retourner en 2009 au Rwanda pour, cette fois, coordonner jusqu’à fin 2010, le programme de recherche de PRI.

Atelier de sensibilisation sur l'albinisme. Bujumbura, Burundi, Novembre 2011

Toujours dans le but de renforcer mon expertise de la région des Grands lacs et de compléter le champ de mes recherches, j’ai poursuivi en 2010 et 2011, mon expérience au Burundi voisin, en tant que coordonnateur des programmes (chef de mission) de RCN Justice & Démocratie, une ONG belge spécialisée dans l’appui à la reconstruction du système judiciaire et d’accompagnement du processus de justice transitionnelle dans les pays post-conflit.

Poursuivant aujourd’hui la finalisation de ma thèse, je mets mon expertise des questions post-conflit au service des acteurs institutionnels et de la société civile.

Au final, mon expérience au contact des acteurs, des mécanismes, institutions et de leur fonctionnement m’a définitivement conforté dans l’idée qu’il est stérile de s’enfermer dans une approche positiviste, par trop réductrice.

Vient de paraître : CIAJ n° 35, La religiosité du droit

CIAJ 35Jaqueline HOAREAU-DODINEAU, Guillaume METAIRIE (dir.), CIAJ n° 35, « La religiosité du droit », PULIM, 2013, ISBN13 9782842875817

 

Dans l’Antiquité, l’origine divine de la loi et sa nature religieuse, conduisent à considérer la religion comme le fondement même d’un droit envisagé comme un véritable monument. Progressivement, on en vient à laisser la résolution des problèmes juridiques à la seule intelligence humaine et donc à glisser d’un fondement du droit exclusivement religieux, parce que révélé, à une conception qui tendrait à scinder religiosité pure et pratique juridique ; la religion est alors conçue comme une source du droit à laquelle s’est abreuvé le droit de l’Occident chrétien. Distinguer religion et droit ne signifie pas que ce dernier perde pour autant ses aspects religieux mais plus précisément que les moyens humains de découverte du droit doivent puiser non dans la Révélation, mais dans la Nature, patrimoine commun de l’humanité.

Après des siècles d’intégration du droit à telle ou telle conception religieuse du monde, allant du droit révélé par Dieu aux différents systèmes juridico-religieux, la très progressive insertion du droit en la nature même de l’Homme est peut-être une autre voie permettant, non plus par injection d’irrationnel religieux, mais par intrusion de rationalité scientifique et profane, de relier le Droit à d’autres fins dernières?


Sommaire

– La religiosité et la loi dans l’empire perse de Darius. Recherche suivie de brèves considérations grecques sur le droit et le sacré

– Le droit romain modèle d’un droit sécularisé dès ses origines et qui le resta, malgré une pénétration de la pensée grecque

– Ordonner le monde et penser la société aux temps carolingiens

– Le silence du diable. Définition de la norme dans l’Au-delà et exaltation de la grâce (XIIe – XIIIe siècles)

– A propos de quatre moments où la virtus de Saint Martin a été réputée avoir soutenu dans les Gaules, par les armes ou autrement, la légitimité d’un princeps ou d’un Auguste, défenseur de la cause catholique

– Hagiographie et justice : le témoignage de six recueils de miracles des XIIe – XVe siècles

– La religiosité en question : Vérité de la foi et procès pénal médiéval

– Les deux lois. Le prophète Elie et le feu du Ciel

– La « Religion royale » française sous les feux de la théologie et de la critique historique (1634 – 1661)

– Le droit naturel et ses trois confessions à l’époque moderne

– De l’ancien droit au droit postrévolutionnaire. La déontologie et les moeurs ; exemples d’impact sémantique de la sécularisation

– De quelques droits sacrés sous la Révolution (et au-delà)

– L’origine »chrétienne » de la Constitution américaine? Un débat politico-juridique issu du conservatisme

– Charia et droits pénaux positifs

– Sécularisation du droit et poids du sacré en Tunisie

Soutenance de thèse : 25 mars 2013

Soutenance de thèse

25 mars 2013

Forum B, 316

L’asseurement : du contrôle de la violence au maintien de la paix publique
dans le royaume de France

(fin du XIIe siècle – milieu du XVIe siècle)

 

Membres du jury

 

Directeur de thèse :

Pascal Texier, professeur, Université de Limoges

 

Rapporteurs :

Eric Bournazel, professeur, Université de Paris II

Sophie Delbrel, maître de conférences, Bordeaux IV

 

Examinateurs :

Pierre Flandin-Blety, professeur honoraire, Université de Limoges

Florent Garnier, professeur, Université d’Auvergne

Jacques Péricard, professeur, Université de Limoges

Vient de paraître : CIAJ n° 34, Une histoire de la justice douanière – L’exemple de Bordeaux sous l’Ancien Régime

9782842875732Sophie EVAN-DELBREL, Une histoire de la justice douanière – L’exemple de Bordeaux sous l’Ancien Régime, CIAJ n°34 , 2012, 380 p. [ISBN 2-84287-573-2 – 25 €]

Qui ne songe au régime douanier de l’ancienne France en l’associant à un sentiment d’injustice ? Le rejet de la fiscalité n’est-il pas le fruit du comportement des fermiers généraux et de « leur cohorte affreuse »? Notre mémoire collective conserve, encore aujourd’hui, les traces du réquisitoire dressé par la Révolution contre le système fiscal de l’Ancien Régime. Pourtant, dès cette époque, la fiscalité indirecte fait l’objet d’un encadrement juridique précis. Le droit complexifié induit la spécialisation de juridictions, phénomène alors d’autant moins évitable que les droits de douanes (les traites) ne sont guère unifiés.

Ainsi, dans un paysage institutionnel et juridique extrêmement varié, la justice douanière mise en place à Bordeaux a valeur d’exemple. Portée par son activité commerciale florissante, la ville connaît un développement sans précédent au XVIIIe siècle. Le dynamisme de l’économie bordelaise influe  sur l’activité de la justice douanière et lui confère un caractère particulièrement vivant. A l’opposé de la cour des aides, compétente en appel, la juridiction des traites connaît une véritable ascension, marque d’une volonté supérieure de rationalisation du système douanier. En ce sens, la justice douanière, surtout à Bordeaux, nous montre l’évolution des modes de régulation des conflits, de même que certaines spécificités durables du droit fiscal.

L’auteur

Sophie Evan-Delbrel est Maître de conférences à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV, habilitée à diriger les recherches en histoire du droit. Directrice adjointe de l’Institut de Sciences Criminelles et de la Justice, elle consacre ses recherches à différents aspects historiques de l’institution judiciaire.

Conférence prof. Andreas Helmis

Conférence proposée par l’IAJ

mercredi 20 mars 2013, 18h-20h
BU Droit et sciences économiques

ordalie

Justice moderne, justice coutumière
« L’épreuve du Feu en pays Kabyè (Togo) »

Documentaire réalisé par Raymond Verdier (CNRS)

Projection suivie d’une discussion
avec AndrEas HELMIS
Historien du droit et anthropologue de l’Université d’Athènes