Vient de paraître : CIAJ n° 35, La religiosité du droit

CIAJ 35Jaqueline HOAREAU-DODINEAU, Guillaume METAIRIE (dir.), CIAJ n° 35, « La religiosité du droit », PULIM, 2013, ISBN13 9782842875817

 

Dans l’Antiquité, l’origine divine de la loi et sa nature religieuse, conduisent à considérer la religion comme le fondement même d’un droit envisagé comme un véritable monument. Progressivement, on en vient à laisser la résolution des problèmes juridiques à la seule intelligence humaine et donc à glisser d’un fondement du droit exclusivement religieux, parce que révélé, à une conception qui tendrait à scinder religiosité pure et pratique juridique ; la religion est alors conçue comme une source du droit à laquelle s’est abreuvé le droit de l’Occident chrétien. Distinguer religion et droit ne signifie pas que ce dernier perde pour autant ses aspects religieux mais plus précisément que les moyens humains de découverte du droit doivent puiser non dans la Révélation, mais dans la Nature, patrimoine commun de l’humanité.

Après des siècles d’intégration du droit à telle ou telle conception religieuse du monde, allant du droit révélé par Dieu aux différents systèmes juridico-religieux, la très progressive insertion du droit en la nature même de l’Homme est peut-être une autre voie permettant, non plus par injection d’irrationnel religieux, mais par intrusion de rationalité scientifique et profane, de relier le Droit à d’autres fins dernières?


Sommaire

– La religiosité et la loi dans l’empire perse de Darius. Recherche suivie de brèves considérations grecques sur le droit et le sacré

– Le droit romain modèle d’un droit sécularisé dès ses origines et qui le resta, malgré une pénétration de la pensée grecque

– Ordonner le monde et penser la société aux temps carolingiens

– Le silence du diable. Définition de la norme dans l’Au-delà et exaltation de la grâce (XIIe – XIIIe siècles)

– A propos de quatre moments où la virtus de Saint Martin a été réputée avoir soutenu dans les Gaules, par les armes ou autrement, la légitimité d’un princeps ou d’un Auguste, défenseur de la cause catholique

– Hagiographie et justice : le témoignage de six recueils de miracles des XIIe – XVe siècles

– La religiosité en question : Vérité de la foi et procès pénal médiéval

– Les deux lois. Le prophète Elie et le feu du Ciel

– La « Religion royale » française sous les feux de la théologie et de la critique historique (1634 – 1661)

– Le droit naturel et ses trois confessions à l’époque moderne

– De l’ancien droit au droit postrévolutionnaire. La déontologie et les moeurs ; exemples d’impact sémantique de la sécularisation

– De quelques droits sacrés sous la Révolution (et au-delà)

– L’origine »chrétienne » de la Constitution américaine? Un débat politico-juridique issu du conservatisme

– Charia et droits pénaux positifs

– Sécularisation du droit et poids du sacré en Tunisie

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